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dimanche 21 janvier 2007, 13h51
CONAKRY (AFP) - Une femme de 25 ans est morte dimanche après avoir été blessée par balle vendredi à Kissidougou (centre) lors de la dispersion par la police et l'armée d'une manifestation en marge de la grève générale illimitée lancée le 10 janvier en Guinée, a rapporté sa famille. Ce nouveau décès porte à dix le nombre de morts depuis le début de la grève.
"Une jeune femme de 25 ans qui avait été touchée par une balle à la tête à Kissidougou" (à environ 500 km à l'est de Conakry)" est morte ce (dimanche) matin des suites de ses blessures, a rapporté dimanche à l'AFP un membre de sa famille contacté à l'hôpital. Vendredi, une marche de plusieurs milliers de personnes avait été violemment dispersée par la police dans cette ville, faisant au total deux tués et une dizaine de blessés, selon des sources concordantes.
Samedi, quatre personnes avaient été tuées par balles, lors de la journée la plus meurtrière depuis le déclenchement d'une grève générale illimitée, au cours de laquelle des manifestants ont appelé au départ du président Lansana Conté, au pouvoir depuis 23 ans. La dégradation de la situation suscitait dans le même temps de vives inquiétudes en Afrique de l'ouest, dont deux chefs d'Etat ont été chargés de mener une médiation.
Il s'agissait du premier mouvement populaire d'importance depuis le début du mouvement de grève dans cette ville proche des frontières libérienne et ivoirienne. Plusieurs sources locales ont rapporté que les manifestants avaient scandé des slogans hostiles au pouvoir tels que "A bas le régime militaire!, "Adieu Lansana Conté!", ou "La Guinée ne doit pas mourir!". Les présidents sénégalais Abdoulaye Wade et nigérian Olusegun Obasanjo, mandatés par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), se rendront en Guinée "la semaine prochaine", a annoncé dimanche la présidence sénégalaise. Cette "mission" des présidents Wade et Obasanjo a été décidée vendredi à Ouagadougou par les dirigeants de la Cedeao réunis en sommet et "préoccupés par la situation qui se dégrade dangereusement en République de Guinée", selon un communiqué signé du porte-parole de la présidence, El Hadj Amadou Sall. "Après avoir pris contact avec les autorités guinéennes, la mission avait décidé de se rendre en Guinée dès le dimanche 21 janvier au matin, mais a reporté sa visite à la semaine prochaine à la demande de personnalités guinéennes". Les présidents sénégalais Abdoulaye Wade et nigérian Olusegun Obasanjo mèneront "une concertation avec tous les acteurs politiques (...) pour trouver une solution à la crise", a rapporté samedi la radio publique burkinabè. A Dakar, le représentant du secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique de l'ouest, Ahmedou Ould Abdallah, a condamné samedi les violences et exhorté les parties à s'assurer d'"une sortie ordonnée et pacifique de la crise". Pour tenter de trouver une issue interne à l'impasse, une réunion entre l'intersyndicale à l'origine de la grève et de hauts responsables de l'Etat a par ailleurs été organisée samedi à huis-clos au Palais du peuple, siège de l'Assemblée nationale, à Conakry. La rencontre s'est terminée en début de soirée sans progrès notable et doit reprendre dimanche, a annoncé à l'AFP Ousmane Souaré, un responsable de l'Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), qui a relevé une "reprise de contact entre syndicalistes et le gouvernement". Aucune rencontre n'a toutefois été programmée avec le chef de l'Etat Lansana Conté, que l'intersyndicale Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG)/USTG rend responsable de la crise économique actuelle par sa mauvaise gestion et son incapacité à conduire les affaires du pays. Les syndicats reprochent également à M. Conté d'avoir libéré mi-décembre, hors du cadre de la loi, deux de ses proches inculpés de détournement de fonds publics, dont ils exigent le retour immédiat en prison. Devant le refus de M. Conté de transiger sur plusieurs points, les syndicats -soutenus par 14 partis d'opposition- ont souhaité cette semaine que soit "constatée la vacance du pouvoir" devant la "dégradation" de l'état de santé du président, âgé de 72 ans et affaibli par un diabète. Vendredi soir, la présidence a annoncé le limogeage du ministre d'Etat chargé des Affaires présidentielles, Fodé Bangoura, numéro deux de facto d'un régime privé de Premier ministre depuis juin 2006. Il a été remplacé par le ministre du Plan Eugène Camara, 61 ans, réputé pour sa modération. Les syndicats assurent que cette mesure n'aura aucune incidence sur le mouvement.
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